Ce matin, en repensant à certaines évènements de ma vie, je me suis dit que ce qu’il me manquait aujourd’hui dans cette vie, c’était de la délicatesse ! Alors que ce mot commençait à prendre place dans mon esprit, les questions arrivaient. Au fond, qu’est-ce qu’être « délicat » ?

J’adore explorer le sens des mots. En quelques instants, j’étais en train de regarder sur le Web pour trouver celui de « délicatesse ». La première définition que j’ai trouvé, c’était la qualité de ce qui est fin et délicat. Je reliais volontiers cette qualité à une valeur que j’avais envie de mettre en avant dans mon histoire de vie. Sont ensuite venus différents synonymes : sensibilité, raffinement, finesse, fragilité, complexité, tact.

Ouah ! D’une idée à une autre, mon esprit s’ouvrait davantage. C’était facile pour moi de relier la délicatesse à une sensibilité. Pour faire preuve de délicatesse envers quelqu’un, cela suppose d’être capable de sentir, de percevoir comment se vit la personne de l’intérieur, comment elle fonctionne. Si nous ne sommes pas capables de porter une attention particulière à l’autre pour mieux le percevoir, en étant trop onto-centré, comment pourrait-on être délicat avec lui ?

Délicatesse et raffinement me semblait bien concorder entre eux. Le raffinement nous amènerait à être dans une subtilité et une finesse relationnelles. Ce qui est raffiné est souvent édulcoré de tout faux semblant, pour revenir à l’essentiel de ce qui est valable et aimable, au sens de ce qui a de la valeur et qui peut être aimé et apprécié comme il se doit. Alors, la délicatesse pourrait être de savoir mettre en avant chez l’autre, tout ce qui a de la valeur. Apprendre à le reconnaître et à le mettre en avant pour soi aussi, sans avoir peur de paraître égoïste, peut parfois être un véritable défi. Ne jamais confondre individualisme et individualité !

Délicatesse et fragilité… J’ai trouvé une citation intéressante d’un homme qui s’appelle Clément Gaumont qui reliait la fragilité et l’amour : « L’important, quand on aime, c’est de saisir la fragilité des choses ». La délicatesse nous amènerait à reconnaître que l’autre est précieux, et du fait de sa préciosité, ce que l’on dit et la manière dont on le dit, pourrait venir toucher agréablement ou casser certains aspects du Soi, toutes ces parties de nous-mêmes qui ne rêvent que de vivre de l’amour, de la joie, de l’attention affectueuse, des gestes tendres et des paroles délicates. J’aime beaucoup cette idée de faire attention à l’autre, et de le considérer comme quelque chose de fragile et de précieux, pour ne pas l’abîmer. Ceci est aussi valable pour soi 🙂

Délicatesse et tact… ça marchait bien ensemble aussi. Comment rentrons-nous en relation avec l’autre ? Comment exprimons-nous ce que nous pensons ? Avec bienveillance ? Avec bienséance ? Avec savoir-vivre ? Avec doigté ? Ou au contraire, avec goujaterie ? Avec violence ?

Je ne dis pas que je suis « parfaite » dans ce domaine. J’ai bien conscience que, lorsque je veux exprimer certaines de mes idées, parfois, je les dis avec une telle conviction et une telle affirmation, que cela pourrait paraître pour l’autre comme quelque chose d’agressif. Pour autant, lorsque je m’en rend compte, et aujourd’hui, cela va assez vite, j’essaye toujours d’abaisser mon ton de voix et d’y amener de la douceur, voir de m’excuser si je sens que j’ai blessé l’autre dans mon affirmation, expliquant la manière dont je fonctionne dans ces situations. Mon but n’est jamais de blesser, mais de réussir à faire entendre mes idées, lorsque l’autre semble ne pas vouloir prêter attention à mes propos, en restant dans ses propres idées. C’est sûr que je peux faire évoluer cela 🙂

Le dernier synonyme que j’ai trouvé en relation avec la délicatesse, était celui de la « complexité ». Alors là, je n’ai pas tout de suite saisi le sens de la relation entre ces deux mots. La délicatesse est complexe. Est-ce que cela voudrait dire que plusieurs aspects s’enchevêtrent ensemble ? Est-ce que la complexité apporterait dans la délicatesse un degré de difficulté pour la mettre en œuvre ? Mon regard s’est alors posé sur une phrase d’Edgar Morin, qui disait que la fleur de l’hyper-complexité était la conscience. Cela pourrait donc vouloir signifier que pour agir avec délicatesse, nous aurions besoin de mettre de la conscience sur le sujet qui fait l’objet de notre délicatesse. Sénèque, quant à lui, enrichissait mon esprit de l’idée que dans la complexité, il n’y a aucune limite, un élément en entraînant un autre. Dans la complexité de la délicatesse, nous pourrions imaginer que plus nous apprenons à être délicat dans la vie, plus la vie nous propose des situations dans lesquelles la délicatesse peut se déployer et s’exprimer avec aisance et facilité.

Une question fondamentale est alors venue dans mon esprit ! Comment puis-je développer cette délicatesse, en moi, envers moi et envers les autres, et l’exprimer de manière spontanée dans mes actes au quotidien ?

La suite peut-être dans un prochain article 🙂

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