Voyage et Sens : la Tunisie

caravane

Pays d’Afrique du Nord, la Tunisie a gagné son indépendance en 1956. Ce n’est vraiment qu’au VIIe siècle que sa population s’est vraiment islamisée sous le règne de dynasties qui ont fait face à la résistance berbère.

Plusieurs études (génétiques, anthropologiques et linguistiques) montrent que les Nord-Africains actuels (arabophones et berbérophones) descendent essentiellement des Berbères. Les premières traces de présence humaine datent du Paléolithique, avec la présence de nomades dans l’oasis d’El Guettar, des chasseurs-cueilleurs moustériens. Les Berbères représentent l’ensemble des ethnies autochtones d’Afrique du Nord. Ils vivaient sur des larges territoires, allant de la vallée du Nil jusqu’à l’Atlantique et incluant l’ensemble du Sahara. Dans l’Antiquité, ils étaient connus sous les noms des Lybiens, des Maures, ou encore des Numides…

Le nom de « berbère » apparaît pour la première fois après la fin de l’empire romain. A l’origine, c’était le terme de « barbare » qui était utilisé, issu du terme grec « barbaros » voulant dire « étranger ». Pour les anciens Grecs, ils désignaient ainsi tous les peuples qui n’appartenaient pas à leur civilisation et dont ils ne comprenaient pas leur langue. « Barbaros » n’a à l’origine aucun sens péjoratif car il signifie simplement « non grec », plus largement, quelqu’un dont on ne comprend pas la langue et qui semble s’exprimer par onomatopée : « bar-bar ». Aujourd’hui, le terme « berbère » est volontiers relié à l’idée « d’homme libre », voire aussi amène l’idée du rebelle organisé en groupe, du récalcitrant, une liberté au-delà de toute contrainte.

Ainsi, la valeur de la liberté est forte chez le peuple Berbère, liberté de vivre sans contrainte, liberté des espaces, le désert du Grand Sud Tunisien nous fait toucher cette liberté. Ce désert a l’effet magique de vider presque instantanément la tête de ses pensées multiples pour s’ouvrir à ce qui est, touché par la liberté de l’esprit. Le vent, le sable, la clarté du ciel, l’horizon ouvert. Ici, le monde est simple, liberté de vie, sans sophistication de technologie, une sorte de retour aux sources. Rien de telle que ce désert pour toucher la liberté de l’être.

Le paradoxe pour ce peuple porteur de cette valeur profonde, son emplacement stratégique au cœur du bassin méditerranéen ! La Tunisie, petit pays de 10 millions d’habitants, est devenue l’enjeu d’une rivalité de puissances successives, d’abord, l’Espagne, puis l’empire Ottoman, la France et enfin l’Italie qui ont cherché à limiter cette liberté ; ce qui a pu les aider à développer pour ce peuple la valeur de l’amour pour son pays et de son dévouement pour la patrie.

La valeur de la famille est également très présente, incluant la sécurité et l’avenir de ses enfants. Le principe d’égalité entre hommes et femmes, tant au niveau de la citoyenneté que devant la loi, est affirmé aujourd’hui dans tous les textes législatifs. Le sens de l’hospitalité découle de cette valeur.

 

Lorsqu’on pense aux valeurs de la famille, que peut-on y trouver ?

Ce peut être intéressant de réfléchir à cela dès lors que l’on crée une famille, et bien sûr, de partager les idées ensemble au sein de cette famille. Le fondement de la stabilité d’une famille repose sur le respect et l’amour, un homme et une femme qui se sont choisis mutuellement. Leur amour est à la base du projet familial, qui évolue au fur et à mesure de l’évolution des individus. Des vertus comme l’honnêteté et la confiance soutiennent les relations au sein de la famille. Elles alimentent une bienveillance à l’égard de chacun. La fidélité est quelque chose qui pourrait se remettre en question facilement, compte-tenu de toutes les possibilités existentielles qui existent. Lorsque cette fidélité est présente, elle constitue le ciment de l’authenticité et de la générosité envers l’autre. Elle créée cette intimité profonde qui fait que chaque être peut s’autoriser à être davantage en présence de l’autre et à s’engager en conservant sa liberté d’expression. Tout ceci contribue à se dire qu’on peut compter sur l’autre, qu’il est quelqu’un de fiable, de sûr, qu’il sera quand on en aura besoin, qu’il tiendra ses engagements (solidarité familiale). L’engagement d’amour envers l’autre est primordial et tient compte de l’affectivité (je me sens bien avec lui ou avec elle), de l’intelligence (nous partageons des points de vus identiques, ce qui nous rassemble, différents, ce qui nous enrichit), la volonté de faire ce chemin ensemble comme partenaires et non comme dépendants de l’autre. Selon les cas, l’accueil et l’éducation de l’enfant représente une joie pour toute la famille, les parents bien sûr, mais aussi les grands-parents, les oncles et les tantes…

La patience, la foi et l’endurance, sont deux vertus développées chez le peuple tunisien.

Le récit du prophète Ayoub envoyé au peuple de Mésopotamie nous illustre ceci de manière magistrale.

« Allah avait comblé son prophète de privilèges immenses : de l’argent, des terres incomptables d’orge et de blé, des centaines d’esclaves, une belle femme pieuse, une force physique, quatorze enfants, une foi et un milieu pieux, des amis illimités, du bétail, des chevaux et des bêtes, et ce durant cinquante années.

Allah voulut l’éprouver, Il lui enleva son argent, et ses terres changèrent, ses quatorze fils et filles décédèrent, son bétail mourut et son argent partit alors il se mit à vendre ses esclaves pour se nourrir, puis Allah l’éprouva par une maladie qui le rendit invalide, il devint incapable de bouger, ses amis supposèrent que sa maladie était contagieuse et le quittèrent, seuls sa femme et deux de ses amis lui restèrent fidèles.

Sa femme le prit en charge et quand il ne lui restait plus rien, elle se mit à travailler chez les gens, et cela continua encore dix-huit ans. Au bout de ces dix-huit ans, la femme du prophète Ayoub s’épuisa et lui demanda d’invoquer Allah. Il lui dit qu’Allah les avait couverts de ses faveurs pendant cinquante ans et qu’ils devraient patienter et endurer tout autant. Mais femme se mit en colère et exigea qu’il invoque Allah alors Ayoub, hors de lui promet cent coups s’il se remettrait de sa maladie.

Puis les gens se mirent à refuser tout contact avec sa femme de peur qu’elle ne soit elle aussi porteuse de la maladie de son mari, alors elle dû se couper les cheveux et les vendre pour acheter de quoi nourrir Ayoub. Alors ému, Ayoub se sentit obligé d’invoquer Allah : «Le mal m’a touché. Mais Toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux» (Les Prophètes : 83) et Allah fit exploser une source sous les pieds de son prophète dont l’eau allait le guérir de toutes ses maladies de l’extérieur et de tous les maux de l’intérieur, sa femme redevint jeune et donna naissance à vingt-six garçons et filles. »

 

Villes et désert

Tozeur ouvre les portes du désert et des oasis et vous plonge de suite dans son atmosphère. Ses maisons aux briques d’argile dont les motifs en relief évoquent des tapis stylisés et sa palmeraie aux centaines de milliers d’arbres abritent habitants et hôtes, de plus en plus nombreux. La ville est un hymne à l’ingéniosité du Sud, à la fois aride et généreux. Les murs préservent de la chaleur, les systèmes d’irrigation millénaires permettent de produire la « deglet nour », datte dont la chair sucrée et translucide laisse apparaître le noyau.

Le Sahara, le Grand Sud Tunisien. Le désert de la Guerre des Etoiles, Tataouine, Matmata, les Jedaïs… Que la force soit avec soi  Le Choot El Jerid, où a été créé le ferme de Luke Skywalker… le Chott el Gharsa, entre Tozeur et Nefta, la grande dune de l’épisode 4. La douceur des dunes, leurs courbures arrondies, la chaleur des hôtes nomades, la goutte de rosée du matin, tout à une valeur insoupçonnée. Dans le désert, le temps n’a plus d’importance. C’est une manière de se sentir de la pression de la chronologie du temps, de s’installer hors du temps, sans chrono ni intérieur ni extérieur. Une manière de se retrouver avec soi et rien qu’avec soi, pour apprendre à s’accueillir.

Nefta est le symbole du miracle oasien. Plus de 150 sources irriguent sa « corbeille » de palmiers. 300 hectares de palmeraie à vos pieds, le seul bruit de l’eau et du vent dans les branches.

Le Chott El Jérid est le lieu de nombreux tournages de films, attirés par un cadre si insolite et si proche. Vous pourrez dormir en plein désert et déguster les spécialités locales, dans des camps parfaitement aménagés, symboles d’un tourisme en plein essor.

 

Des légendes

La ville de Carthage, au nom mythique, a été fondée par des colons phéniciens venus de Tyr en 814 av JC. Une légende raconte que c’est la reine Elyssa (Didon pour les romains), sœur du roi de Tyr, Pygmalion, qui aurait été à l’origine de la cité. Carthage se veut être une ville ouverte sur l’extérieur, d’abord dans un esprit de commerce, puis dans un esprit de développer la puissance de la cité, pour créer d’abord un empire maritime puis secondairement, un empire terrestre par la capacité de production agricole des riches terres céréalières de la vallée de la Medjerba.

 

La légende de l’olivier !

Elle raconte qu’au Sud du Pays,  un olivier nourrit une place particulière dans la mémoire collective liée à l’olivier en Tunisie. Il s’agit de l’olivier de « Midoun », la deuxième ville de l’ile de Djerba. Baptisé « Zitoun El Adham » ou « l’olivier aux œufs » ce magnifique arbre porte encore le nom de l’activité principale qu’il abritait pendant plusieurs décennies, depuis le XIXe siècle plus exactement. Selon la légende, les femmes du village de Midoun et de ses alentours s’y trouvaient durant le marché hebdomadaire du vendredi. Elles y vendaient des poules et des œufs durs. D’ailleurs, il fût un temps où lors de la fête de l’ « Aïd el-Séghir », les enfants peignaient des œufs en jaune et rouge et se les échangeaient sous l’olivier de Midoun. Aujourd’hui, cet arbre vit encore et  trône au beau milieu du village.  On y accroche des foulards et de l’artisanat de mauvais goût… Dommage !

Pour écouter l’émission :

http://radiomedecinedouce.com/broadcast/15764_La_Tunisie

Voyage Trek et Sophrologie Novembre 2013 :

http://www.neorizons-travel.com/hebergements/trek-sophrologie-philosophie-de-leveil-a-soi-desert-tunisien-du-02112013-au-9112013/

3 réflexions sur “Voyage et Sens : la Tunisie

  1. Un récit dépouillé et sincère. Cette description du sud tunisien et du pays en général est d’autant plus attachante que le voyageur solitaire ou en groupe peut sentir –in situ – l’ingéniosité des hommes et la grandeur de l’espace inspirant le sens de la liberté et de trouvaille avec soi et l’alter ego. A Tozeur- en particulier règne une atmosphère étrange de spiritualisme et de matérialisme spontanés. d’Athéna et son dieu de père zeus lorgnant sur le lac triton jusqu’à son poète aboul kacem chebbi- chantre de la liberté absolue ; la région demeure un microcosme énigmatique y compris pour ses habitants .on n’habite à Tozeur ;c ‘est elle qui vous habite partout où le destin pourrait mener vos pas …

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